Figement fonctionnel
Sortir du piège invisible du perfectionnisme et de l’épuisement
Pour aller à l’essentiel
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« 5 questions pour mieux comprendre le figement »
Dans le précédent article, nous avons dévoilé le figement, une réponse archaïque de notre système nerveux face à la menace. Nous avons aussi exploré la Théorie polyvagale et la neuroception, cette boussole intérieure inconsciente qui évalue sans cesse sécurité ou danger.
Cet article approfondit le figement fonctionnel, une forme subtile de survie souvent invisible, qui se cache derrière des apparences de succès ou de performance.
Elle réussit tout ce qu’elle entreprend. Carrière brillante, agenda plein, reconnaissance sociale. Pourtant, chaque matin, elle a besoin de deux cafés pour émerger. Le soir, épuisement total devant l’écran. Et si derrière la réussite se cachait un corps épuisé, une énergie bloquée, une perte de sens.
Dans ce second article, je vous propose d’explorer ce qu’on appelle le figement fonctionnel : une forme de survie bien déguisée, qui contrairement au figement classique que nous avons évoqué dans l’article précédent, ne se voit pas. Il affecte profondément notre créativité, notre rapport au corps et notre vitalité intérieure. Nous découvrirons aussi comment la thérapie du système familial intérieur – IFS – peut ouvrir un chemin de reconnexion à ce qui nous anime vraiment.
Mais comment cette stratégie de survie s’installe-t-elle ? Décryptons les mécanismes subtils qui transforment l’élan de vie en obligation de performance pour finir en mode « survie automatique » – quand bien même l’agitation devient trop coûteuse.
Le figement fonctionnel
Quand “tenir” devient une stratégie de survie
Une dissociation invisible mais valorisée : l’art de fonctionner sans vraiment vivre
Et si notre capacité à “fonctionner” masquait en réalité une forme de déconnexion ?
Le figement fonctionnel est un mode de survie souvent méconnu, car il se déguise en réussite, en performance, en autonomie.
C’est la dissociation du corps et de l’élan vital sous une façade de contrôle. La personne agit, travaille, assure… mais est coupée de ses besoins profonds ou de ses émotions. L’énergie n’est plus au service de ce qui nourrit l’authenticité et la créativité, mais assujettie à une logique implacable de « tenir coûte que coûte » .
Ce figement n’est pas un défaut, c’est une stratégie de protection ancrée dans le corps, souvent héritée de traumas anciens ou d’un stress chronique mal intégré.
Trois visages de cette “survie déguisée”
Trois visages de cette “survie déguisée” émergent régulièrement :
- Marie, perfectionniste épuisée : ses dossiers sont impeccables, ses présentations saluées. Mais elle dort quatre heures par nuit et a oublié quand elle rit pour la dernière fois.
- Thomas, hyperactif perdu : son agenda déborde, ses journées filent à 200 km/h. Pourtant, le soir venu, il ressent ce vide étrange, cette impression que rien de tout cela n’a de sens et ne le nourrit vraiment.
- Sophie, en mode pilote automatique : « Je vais bien, je gère », répète-t-elle. Sauf qu’elle ne se souvient plus de ses trajets en voiture, mange sans goûter, vit sa vie comme si elle regardait un film.
Le corps en mode oscillation : entre tension et effondrement
Derrière cette façade “fonctionnelle”, le système nerveux alterne entre deux extrêmes :
- L’activation sympathique : tension, pression, agitation
- Le figement dorsal : effondrement, fatigue, évitement
Ce yo-yo physiologique crée un épuisement profond, une sensation d’être vidé·e sans raison apparente.
Prenez un élastique tendu au maximum : tantôt il se contracte sous la pression (activation sympathique), tantôt il lâche d’un coup (effondrement dorsal). Cette alternance constante use la matière — comme elle use votre énergie vitale.
“Le stress chronique, même sans événement traumatique majeur, peut générer un figement profond, semblable à celui observé dans les traumas aigus.”
Peter Levine
Ce n’est donc pas la situation extérieure qui définit notre état… mais la façon dont notre système nerveux la perçoit et y répond. Cette perception inconsciente – appelée neuroception– fait l’objet d’un éclairage complet dans l’article précédent.
Alerte! Quand notre radar se dérégule
Cette perception inconsciente qui évalue notre degré de sécurité ou les signes de danger – la neuroception – peut être biaisée par notre histoire personnelle.
Quand cette boussole intérieure est « déréglée », le système nerveux enclenche une stratégie de protection inadaptée – comme la procrastination ou l’effondrement. C’est là que se joue le figement fonctionnel.
Procrastination
Un système nerveux qui dit “non” à notre insu
Une réponse intelligente à une menace invisible
Procrastiner, ce n’est pas “ne pas vouloir”. C’est souvent ne pas pouvoir… sans comprendre pourquoi.
Quand une tâche déclenche une alerte interne — peur de mal faire, de décevoir, d’échouer ou même de réussir — le système nerveux réagit selon les chemins de survie qu’il connaît.
Et ces chemins ne sont pas toujours visibles ni rationnels.
Un cercle vicieux… qui appelle de la compassion, pas du jugement
Que l’on soit dans une procrastination agitée (sympathique) ou figée (dorsale), le mécanisme de fond est le même :
Mais ce n’est pas un défaut de caractère : c’est une stratégie de survie non consciente, ancrée dans la mémoire corporelle.
En quittant le jugement (“je suis paresseux·se”, “je manque de discipline”), on peut commencer à réguler. Et peu à peu, retrouver l’élan naturel qui permet d’agir, de choisir, de s’engager.
En résumé
Le figement fonctionnel et la procrastination ne sont pas des défauts ni des faiblesses de caractère, mais des stratégies inconscientes de survie. Elles se manifestent dans le corps et peuvent être transformées par des approches intégratives comme la Somatic Experiencing, l’IFS ou l’aromathérapie énergétique.
Figement & la thérapie du Système Familial Intérieur (IFS)
Apprivoiser les parts qui bloquent pour retrouver l’élan intérieur
Derrière le figement, une part qui protège
La thérapie du système familial intérieur – IFS (Internal Family System) – offre un regard profondément transformateur sur le figement et la procrastination. Elle ne cherche pas à forcer le passage, mais à entrer en relation avec les parts de nous qui bloquent l’action.
Ce qu’on appelle figement ou résistance est souvent une protection loyale, face à une tâche qui réveille le spectre de l’échec, du jugement, de l’humiliation ou de la honte.
L’aromathérapie énergétique
Retrouver le corps, réveiller l’élan
Du figement à la présence : sentir, c’est déjà revenir à soi
Sortir du figement, ce n’est pas « se bouger ». C’est revenir habiter son corps.
Là où la dissociation coupe la sensation, l’aromathérapie énergétique ouvre un chemin de reconnexion sensorielle, qui agit en profondeur sur le système nerveux.
Autant de portes pour apprendre à réguler votre système nerveux, reconnaître vos signaux de saturation et retrouver un mouvement qui vous porte — sans vous épuiser.
Comprendre le figement :
5 questions fréquentes
Ces questions reviennent souvent lors de mes accompagnements et formations. Elles permettent de mieux comprendre les nuances du figement, et de poser des mots sur ce que beaucoup vivent en silence, sans toujours pouvoir l’identifier.
